Prenez quatre eux. Dont un est moi. Pas un et moi, ça ferait deux, hein. Bref. Nous sommes quatre. Un thé, un expresso, un lobby d’hotel et une demi-journée. Ou une journée complète selon l’appétit des convives. Vous aurez, de préférence, laissé ces quatre-là se transformer quelques mois au préalable, à l’institut de futurs souhaitables. Ce n’est pas obligatoire mais ça leur a donné une saveur particulière, vous savez ce petit goût du collectif, si rare et si précieux de nos jours.
Sortez-les de là en silence, le moment est venu de se préparer à une nouvelle vie. Chacun à son tour prend la parole et son courage à deux mains : un projet qui fait peur, une idée pour changer le monde, une envie d’impact, une hésitation à se lancer, une angoisse d’actualité. Sans fouet, ni batteur, juste armés de bonne volonté et de chaleur humaine, les trois autres écoutent. Ils t’écoutent. Goutez et savourez lentement cette phrase : ils t’écoutent. Mmmmm…
Ensuite, pendant quelques minutes, ils se saisissent de ton cas et le retournent, ils le détaillent, le pimentent, l’assaisonnent, le tranchent. Waouh… Ça va vite et fort, ça bouillonne, ça déborde, ça remue, un peu, mais ça nourrit, beaucoup. C’est une cuisine tellement généreuse qu’elle mériterait un nom plus gastronomique que « co-développement » : la marmeet, le pot au je…, la fondue d’ego, le velouté d’attention sur son lit de propositions… C’est un plat tellement amictif que nous nous re-servirons, le mois prochain. D’ici là, chacun fignole ses ingrédients : un peu de consultance, donner des cours ? Peut-être. Probablement du salariat, si on en trouve sur le marché.
Le Co-dev, c’est comme ce petit bistrot de quartier un peu caché, un refuge pour nos âmes ballottées, un moment de convivialité pure, un quatre étoiles dans les yeux !




